Clôture de la 6ème édition du Forum Africain pour la Paix, un bilan des bilans jugé satisfaisant

Le Palais des Congrès de Nouakchott a tiré ses rideaux, jeudi 12 février 2026, sur la 6ème édition du Forum Africain pour la Promotion de la Paix. Une édition au terme de laquelle, certains participants ont bien voulu tirer le bilan de six années de plaidoyer pour une Afrique en sécurité et en totale communion.

Placée sous le thème « L’Afrique et la fabrication de l’espoir : ne désespérez jamais de la miséricorde d’Allah », la 6ème édition du Forum Africain pour la promotion de la Paix a été clôturée, jeudi 12 février 2026, aux termes de trois jours d’échanges entre des participants venus de tous les pays du Continent et bien au-delà.

Clôturant les travaux du colloque, le Ministre des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel, Fadili Ould Sidaty Ould Ahmed Louly a déclaré que la conférence a été le lieu de réflexions collectives, dans une pleine conscience d’une responsabilité morale, tout en servant de laboratoire scientifique face aux défis auxquels fait face le continent africain.

Selon lui, le thème de la conférence représente une position commune qui voit la paix comme un choix stratégique et l’espoir comme une force motrice. Au milieu de cette dualité immuable, l’être humain comme pièce maîtresse et pivot de construction et de stabilité. Cette vision coïncide, dira-t-il en substance avec celle de l’Etat mauritanien dont la référence reste centrée sur l’identité culturelle, cherchant à transformer les valeurs communes en levier de sécurité, de paix et de développement.

Pour sa part, l’érudit et président du Forum d’Abu Dhabi pour la Paix dans les sociétés musulmanes, Cheikh Abdoullah Ould Boye, a souhaité que le mois de Ramadan (qui va débuter dans quelques jours : CQFD) soit un mois d’appel à la paix, au bien-être et à la sécurité. Il en a profité pour remercier les autorités mauritaniennes, le gouvernement et le peuple pour l’accueil et les efforts déployés pour le succès de cette édition.

A la sortie de la salle de conférence, certains participants ont bien voulu livrer leurs impressions, surtout en ce qui concerne le bilan tiré de six années de rencontres et d’échanges pour la paix, dans un continent miné par les conflits, le terrorisme et la guerre.

Certains trouvent qu’en intégrant l’Islam Soufi qui domine notamment en Afrique Subsaharienne, dans la réflexion et les démarches du Forum, le plaidoyer a pris une dimension plus inclusive et plus adaptée au contexte ouest-africain. En effet, le Soufisme et les Tariqa soufistes qui dictent le tempo dans l’univers religieux de vastes pans de l’Afrique ont toujours prôné la tolérance et permis pendant des siècles de faire régner la paix et la concorde. Cet ordre tutélaire n’a été rompu qu’avec l’arrivée d’autres idéologies ennemies du courant soufiste qui ont usé du djihad comme arme de terreur et de déstabilisation.

D’autres participants ont salué également la culture du dialogue interreligieux porté par le Cheikh Abdoullah Ould Boye qui a pour objectif de rapprocher les religions abrahamiques, visant ainsi à dépasser les clivages et les incompréhensions entre des pensées qui placent l’homme au centre de leurs préoccupations.

Enfin, les participants sont sortis de la conférence avec des recommandations et une feuille de route axée sur le renforcement du rôle des érudits et des institutions religieuses dans la diffusion d’un discours d’espoir fondé sur la sagesse et la miséricorde. Au centre également des intérêts, l’autonomisation des femmes et des jeunes, la place de la fatwa, l’approche de la modération et du juste milieu. 

D’autres questions ont été abordées comme celles liées à la migration, à la coopération interafricaine dans le domaine de l’eau et à l’intégration régionale.

Cheikh Aïdara