QUAND L’ÉCONOMIE RENCONTRE LES LOIS DU MONDE : ÉNERGIE, PUISSANCE ET DESTIN DES NATIONS

Réflexion inspirée de l’ouvrage du professeur Warwick Powell, « Thermoeconomics in a Time of Monsters: Rethinking Theory, China and International Geopolitical Economy »

Par Sidi Mohamed Taleb Brahim

À la demande de Monsieur Mohamed HAIDARA, directeur général du Marathon International de Nouadhibou, je partage avec les abonnés de cette modeste page une réflexion inspirée par les idées associées à un ouvrage qui invite à regarder autrement les mutations économiques et géopolitiques de notre époque : Thermoeconomics in a Time of Monsters: Rethinking Theory, China and International Geopolitical Economy, du professeur Warwick Powell.

Au-delà de son titre, c’est une interrogation fondamentale qui mérite notre attention : peut-on véritablement comprendre les rapports de puissance entre les nations sans regarder ce qui rend leur économie matériellement possible ? Derrière les monnaies, les marchés financiers, les statistiques de croissance et les discours politiques, il existe une réalité plus élémentaire, mais souvent insuffisamment considérée : toute économie a besoin d’énergie, de matières premières, de compétences humaines, d’infrastructures, de technologies et d’une capacité effective à transformer les ressources en biens et en services.

La question est essentielle, car nous avons parfois pris l’habitude de confondre la représentation de la richesse avec sa production, la valeur financière avec la capacité productive, et la puissance monétaire avec la maîtrise des conditions matérielles de l’existence collective. Or, un pays ne se nourrit pas de ses seules valorisations boursières. Il ne transporte pas ses marchandises avec des indicateurs de croissance. Il ne fait pas fonctionner ses hôpitaux, ses usines, ses ports ou ses réseaux électriques avec des promesses comptables. À un moment ou à un autre, les chiffres doivent rencontrer le réel.

C’est précisément dans cette rencontre entre l’économie et ses fondements physiques que la thermoéconomie, entendue ici comme une approche attentive aux relations entre énergie, production et activité économique, trouve son intérêt. Elle nous invite à ne pas considérer l’économie comme un univers autonome, détaché des ressources et des contraintes du monde matériel. Produire exige de l’énergie. Transformer une matière première suppose des équipements, des savoir-faire et des procédés techniques. Acheminer un produit jusqu’à son consommateur nécessite des routes, des ports, des moyens de transport, des systèmes logistiques et une alimentation énergétique fiable.

La monnaie joue naturellement un rôle indispensable : elle facilite les échanges, permet de financer les investissements, organise les transactions et oriente les décisions. Mais elle ne supprime pas les contraintes physiques. Elle peut financer une centrale électrique ; elle ne peut pas remplacer la centrale une fois celle-ci nécessaire au fonctionnement d’une économie. Elle peut acheter une technologie ; elle ne garantit pas, à elle seule, que le pays saura la maîtriser, l’entretenir et la faire évoluer. Elle peut financer une usine ; elle ne crée pas instantanément les compétences, les fournisseurs, les réseaux de transport et l’organisation productive dont cette usine a besoin pour fonctionner durablement.

Il faut donc se méfier d’une conception de la richesse qui accorderait une place excessive aux mouvements financiers sans examiner suffisamment les capacités réelles qui les soutiennent. Une économie peut afficher des performances financières remarquables tout en devenant vulnérable si ses infrastructures se dégradent, si sa production se contracte, si ses chaînes d’approvisionnement se fragilisent ou si elle dépend excessivement de ressources et de technologies qu’elle ne maîtrise pas. À l’inverse, un investissement industriel dont les résultats paraissent plus lents peut renforcer, sur plusieurs décennies, l’autonomie productive d’un pays et sa capacité à résister aux crises.

Cela ne signifie nullement que la finance serait inutile, ni que toute activité financière serait déconnectée de l’économie réelle. Le financement est indispensable au développement. Le problème apparaît lorsque la recherche du rendement immédiat prend le pas sur la création de capacités durables, lorsque la spéculation détourne les ressources de l’investissement productif ou lorsque les décisions économiques perdent de vue les conditions matérielles de la prospérité. La véritable question n’est donc pas de choisir entre la finance et la production, mais de déterminer comment la première peut servir la seconde plutôt que de s’en détacher.

Cette réflexion prend une dimension géopolitique majeure lorsque nous observons les transformations de l’économie mondiale. La puissance d’une nation ne se mesure plus uniquement à la taille de son produit intérieur brut, à ses réserves monétaires ou à l’influence de sa monnaie. Elle dépend également de sa capacité à produire des équipements stratégiques, à sécuriser ses approvisionnements, à maîtriser des technologies essentielles, à disposer d’infrastructures performantes et à organiser des chaînes de valeur capables de résister aux ruptures internationales.

L’exemple chinois mérite, à cet égard, une attention particulière. La montée en puissance de la Chine ne peut être comprise par les seuls chiffres de ses exportations ou par le volume de ses réserves financières. Elle s’explique aussi par des décennies d’investissements dans l’industrie, les infrastructures, la logistique, la formation, la recherche et les chaînes de production. Sa place dans de nombreux secteurs stratégiques lui confère une influence qui tient autant à sa capacité de fabriquer qu’à sa capacité de vendre.

La maîtrise de certains segments industriels, de composants, de matériaux, de technologies énergétiques et de réseaux logistiques peut devenir un instrument de puissance aussi déterminant que les leviers diplomatiques ou financiers traditionnels. Celui qui contrôle une étape indispensable de la production mondiale peut peser sur les choix de ceux qui dépendent de cette étape. Dans un monde interdépendant, la puissance ne réside donc pas seulement dans la possession des ressources, mais aussi dans la capacité à les transformer, à les intégrer dans des systèmes productifs et à organiser les échanges qui leur donnent une valeur stratégique.

Il serait toutefois trop simple d’opposer une Chine exclusivement productive à un Occident exclusivement financier. Les économies occidentales disposent de capacités scientifiques, industrielles et technologiques considérables, tandis que la Chine connaît elle aussi des déséquilibres, des difficultés économiques et des dépendances. Le monde ne bascule pas selon une ligne de partage parfaitement nette. Il se recompose à travers une compétition complexe où se croisent énergie, industrie, innovation, finance, démographie, sécurité, diplomatie et contrôle des infrastructures.

L’enjeu n’est donc pas de désigner un modèle parfait à imiter, mais de comprendre les ressorts matériels de la puissance et les vulnérabilités que crée une dépendance excessive. Une nation qui importe l’essentiel de ses équipements stratégiques, de ses technologies critiques ou de ses produits essentiels s’expose à des risques lorsque les relations internationales se tendent. Une nation qui investit dans la diversification de ses approvisionnements, la formation de ses citoyens et le développement de capacités productives adaptées se donne davantage de moyens pour négocier, anticiper et décider.

L’énergie occupe, dans cette équation, une place centrale. Le pétrole, le gaz, l’électricité, le solaire, l’éolien et les autres sources d’énergie ne sont pas de simples marchandises échangées sur des marchés. Ils conditionnent le fonctionnement des industries, l’acheminement des produits, la conservation des denrées, le développement numérique et une part croissante des activités quotidiennes. Leur disponibilité, leur coût, leur fiabilité et leur mode de production influencent directement la compétitivité des économies.

Mais l’abondance énergétique ne garantit pas automatiquement la prospérité. Une énergie peu coûteuse peut favoriser l’industrialisation ; encore faut-il disposer de réseaux fiables, de capitaux bien orientés, de compétences, d’institutions efficaces et d’une stratégie cohérente. De même, une ressource abondante peut devenir une faiblesse si elle enferme le pays dans l’exportation de matières brutes, sans transformation locale ni diversification de son économie. La richesse naturelle est une possibilité. La richesse durable est une construction.

Cette distinction me paraît particulièrement importante pour la Mauritanie.

Notre pays possède des atouts considérables : des ressources minières, une façade atlantique, des possibilités de développement des énergies renouvelables, un potentiel agricole le long du fleuve Sénégal, des ressources halieutiques et une position géographique qui peut renforcer sa vocation logistique et commerciale. Ces avantages peuvent soutenir une transformation économique profonde. Mais ils ne produiront pas leurs effets les plus importants par leur seule existence.

La question décisive est celle de leur articulation. Comment relier les ressources énergétiques à la transformation industrielle ? Comment rapprocher la production agricole des infrastructures de conservation, de conditionnement et de transport ? Comment faire de la pêche une source de valeur ajoutée locale plutôt qu’une activité dont une part importante de la richesse échappe au territoire ? Comment développer des compétences nationales capables d’entretenir les équipements, de maîtriser les procédés industriels et de participer à la conception des solutions technologiques ? Comment faire en sorte que les investissements créent des emplois durables, des entreprises locales et un tissu économique capable de se renforcer avec le temps ?

Ce sont là des questions de souveraineté économique. La souveraineté ne consiste pas à proclamer que les ressources appartiennent au pays. Elle suppose que le pays possède progressivement les moyens humains, techniques, institutionnels et industriels de décider de leur usage, d’en tirer une valeur plus importante et de négocier ses partenariats dans des conditions équilibrées. Elle ne signifie pas l’autarcie, qui serait irréaliste dans une économie mondialisée. Elle signifie la capacité de coopérer sans se condamner à la dépendance.

À mes yeux, l’un des défis majeurs de la Mauritanie est donc de dépasser la juxtaposition de projets pour construire des chaînes de valeur cohérentes. Une production agricole prend une autre dimension lorsqu’elle est reliée à une énergie fiable, à l’irrigation, à des installations de conditionnement, à une chaîne du froid, à des moyens de transport et à des marchés identifiés. Une ressource minière devient plus structurante lorsqu’elle contribue, dans des conditions économiquement viables, au développement de compétences, de services techniques et d’activités industrielles complémentaires. Une politique énergétique prend tout son sens lorsqu’elle répond aux besoins des ménages tout en rendant possible l’émergence d’activités productives compétitives.

Dans cette perspective, les infrastructures ne doivent jamais être considérées comme de simples ouvrages que l’on inaugure avant de passer au projet suivant. Elles constituent un patrimoine vivant qui exige de la planification, de la surveillance, de la maintenance, des compétences et des moyens financiers réguliers. Une route se construit, mais elle doit aussi être entretenue. Un réseau électrique s’installe, mais ses équipements doivent être inspectés, renouvelés et sécurisés. Une usine se met en service, mais sa performance dépend de la maintenance, de la disponibilité des pièces, de la qualité de la gestion et de la formation des équipes.

C’est ici que je souhaite établir un lien avec la réflexion que j’ai récemment consacrée aux incendies ayant affecté des installations électriques de la SOMELEC à Nouakchott. Il ne s’agit évidemment pas de confondre un incident technique local avec les grandes mutations de l’économie mondiale, ni de tirer des conclusions sur les responsabilités avant que les investigations nécessaires aient établi les faits. Le rapprochement est ailleurs : dans la place fondamentale qu’occupent la fiabilité des infrastructures, la prévention des risques et la qualité de leur gestion dans le fonctionnement d’une économie.

Un équipement électrique n’est pas seulement un transformateur, un câble ou un poste de distribution. Il constitue un maillon d’une chaîne dont dépendent les activités des entreprises, les services publics, les conditions de vie des familles et la continuité de nombreuses opérations économiques. Lorsqu’un maillon essentiel devient indisponible, les conséquences peuvent se propager bien au-delà de l’installation concernée. Les pertes ne se limitent pas au coût de la réparation : elles peuvent toucher la production, les services, les revenus et la confiance des usagers.

C’est pourquoi la maintenance préventive ne devrait jamais être considérée comme une dépense secondaire que l’on reporte jusqu’à l’apparition d’une panne. Elle relève d’une stratégie économique et d’une responsabilité de gestion. Prévenir une défaillance, contrôler régulièrement un équipement, renouveler une installation devenue vulnérable et documenter les décisions techniques peuvent coûter moins cher que réparer dans l’urgence, sans même compter les dommages indirects. Une enquête sérieuse doit rechercher les causes, examiner les procédures et établir les responsabilités sur la base de faits vérifiés. Mais, au-delà de chaque événement, une leçon demeure : la construction d’un pays ne s’achève pas avec la réalisation de ses infrastructures ; elle se poursuit dans leur entretien, leur modernisation et leur sécurisation.

Cette exigence devient encore plus importante à l’heure de l’intelligence artificielle et des technologies avancées. L’IA peut améliorer la prévision de la demande électrique, détecter certaines anomalies, optimiser les itinéraires logistiques, réduire les pertes agricoles, anticiper les besoins de maintenance et faciliter la gestion des ressources. Elle peut devenir un formidable instrument de productivité. Mais elle ne remplace ni les infrastructures physiques, ni l’expertise humaine, ni la qualité des institutions. Les systèmes numériques eux-mêmes nécessitent de l’électricité, des équipements, des réseaux, des compétences et une gouvernance rigoureuse.

La technologie ne constitue donc pas une formule magique. Elle amplifie les capacités d’une organisation lorsqu’elle repose sur des fondations solides ; elle peut aussi amplifier ses faiblesses lorsque les données sont insuffisantes, les responsabilités mal définies ou les infrastructures défaillantes. Pour la Mauritanie, l’enjeu n’est pas simplement d’adopter les technologies les plus récentes, mais de déterminer lesquelles répondent à ses besoins réels, comment les maîtriser et comment former les femmes et les hommes capables de les mettre au service du développement national.

Il faut également regarder la question du temps. La logique financière privilégie souvent des résultats mesurables à court terme, alors que les grandes transformations industrielles, éducatives, énergétiques et technologiques exigent de la continuité. Une école forme des générations. Un réseau électrique structure des décennies d’activité. Un centre de formation peut faire émerger des compétences dont l’économie bénéficiera longtemps après son inauguration. Une politique industrielle cohérente suppose une vision qui dépasse le calendrier immédiat, sans pour autant se soustraire au contrôle démocratique, à l’évaluation des résultats ou à l’obligation de rendre compte.

Le développement ne se réduit donc pas à la mobilisation de capitaux. Il exige une capacité collective à choisir les priorités, à organiser leur financement, à former les compétences nécessaires, à mesurer les résultats et à corriger les erreurs. Il exige aussi des institutions capables de protéger l’intérêt général, de garantir la transparence et de faire en sorte que les décisions d’investissement servent des objectifs durables. Sans gouvernance solide, les ressources peuvent devenir l’objet de rivalités improductives. Avec une stratégie cohérente et des institutions crédibles, elles peuvent soutenir la diversification économique et améliorer les conditions de vie.

C’est finalement ce que cette lecture m’invite à retenir : derrière les débats sur les monnaies, les taux d’intérêt, les marchés et les rivalités entre grandes puissances, il existe une interrogation plus fondamentale sur les moyens concrets de produire, de transformer et de faire durer la prospérité. La puissance économique n’est ni exclusivement financière, ni exclusivement industrielle, ni exclusivement énergétique. Elle naît de la capacité à relier ces dimensions dans un système cohérent, capable de créer de la valeur tout en maîtrisant ses dépendances et ses vulnérabilités.

Pour un pays comme la Mauritanie, cette réflexion n’a rien d’abstrait. Elle concerne l’utilisation de nos ressources, la qualité de nos infrastructures, la formation de notre jeunesse, l’avenir de notre agriculture, la valorisation de nos produits de la mer, le développement de nos industries et la capacité de nos institutions à transformer les ambitions en résultats vérifiables.

Je demeure convaincu que nous devons regarder nos richesses non comme une garantie de réussite, mais comme une responsabilité. Le sous-sol, le vent, le soleil, le fleuve et l’océan offrent des possibilités ; ils ne construisent pas, à notre place, les usines, les réseaux, les compétences et les institutions dont nous avons besoin. Ce travail relève de choix politiques, économiques et humains. Il suppose de la méthode, de la persévérance, une vision à long terme et la volonté de privilégier la création de capacités durables aux satisfactions immédiates.

Une nation ne devient pas véritablement forte parce qu’elle possède des ressources que d’autres convoitent. Elle le devient lorsqu’elle sait les valoriser sans les gaspiller, les transformer sans compromettre son avenir, coopérer sans perdre sa capacité de décision et investir sans oublier l’entretien de ce qu’elle construit.

La question n’est donc pas seulement de savoir qui possède les ressources, qui détient les capitaux ou qui domine les marchés. Elle est de savoir qui maîtrise les moyens de produire, de transformer, d’innover et de durer.

C’est à cette aune que se mesurera une part essentielle de la puissance des nations au XXIᵉ siècle. Et c’est aussi à cette aune que nous devrions évaluer notre propre ambition : non pas seulement bâtir une économie qui produit davantage, mais construire une Mauritanie capable de convertir ses atouts en prospérité partagée, ses investissements en capacités nationales et ses ressources en avenir pour les générations qui viennent.

COMMENTAIRE DE MOHAMED HAIDARA, MARATHON DE NOUADHIBOU

Mohamed Haidara

Merci et mille mercis M. Sidi Mohamed Taleb Brahim pour cette sortie et pour faire profiter à notre communauté de vos connaissances.

Ayant eu la chance de faire des études supérieures en Union Soviétique dans deux différentes Académies Navales de Tallinn en Estonie et d'Odessa en Ukraine 6(six) semetres de cours de THERMODYNAMIQUE qui m'ont beaucoup apporté dans ma vie j'aimerai placer ce commentaire.

Pour revenir au Grand Professeur Warwick POWELL ce que j’ai aimé chez lui est qu'il s'est servi de la THERMODYNAMIQUE pour expliquer les conditions de l'être humain aujourd'hui au début de ce XXIème Siècle dans la DYNAMIQUE des finances, de l'énergie et de l'information. J'ai constaté aussi que Pr Warwick POWELL place les lois de la THERMODYNAMIQUE au cœur de ses analyses économiques et géopolitiques. Pour le Pr WARWICK un concept comme celui d'EROEI (Energy Return on Energy Invested), c'est-à-dire la quantité d'énergie qu'un système produit par rapport à celle qu'il consomme, est un indicateur central de la santé d'une économie. Une société avec un fort EROEI génère d'importants surplus d'énergie, ce qui lui permet de prospérer et d'investir. Selon ce que j'ai compris du Professeur l'ENTROPIE est l'ennemie silencieuse des économies. l'ENTROPIE est vue comme la menace permanente contre laquelle toute économie doit lutter. Sans un apport constant d'énergie de qualité pour maintenir l'ordre, tout système socio-économique est voué au déclin et au chaos. Pour ceux qui veulent approfondir la question je les informe que son livre « Thermoeconomics in a Time of Monsters » est disponible.

Merci encore M. Sidi Med TALEB BRAHIM pour votre temps mis à notre disposition.

Votre dévoué Mohamed HAIDARA Fondateur et Directeur Général du MARATHON INTERNATIONAL de NOUADHIBOU