FTS et SOS Esclaves forment la société civile sur le travail des enfants et les textes juridiques qui les protègent

SOS Esclaves en partenariat avec l’ONG américaine Free The Slaves (FTS) a organisé, mardi 28 juillet 2026 à l’hôtel Azalai à Nouakchott, une formation d’une journée sur le travail des enfants destinée à une trentaine d’acteurs de la société civile active dans le domaine des droits humains, avec focus sur la prévention et la maîtrise des textes juridiques assurant leur protection.

L’atelier a été  marqué par le discours d’ouverture prononcé par la représentante de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants. Dans son intervention, elle a mis en exergue l’importance du thème de l’atelier, l’enfant mauritanien, une des priorités de la structure qu’elle représente, et qui constitue à ses yeux la frange la plus exposée aux divers types d’exploitation. Elle a souligné à cet égard le rôle majeur que joue dans ce cadre la société civile, une rôle de veille et d’encadrement qui vient compléter à ses yeux les efforts menés par l’Etat mauritanien dans la protection de l’enfance, à travers les mécanismes et les institutions mises en place, ainsi que l’arsenal juridique national et les conventions internationales ratifiées.

Auparavant, Mohamed Ould MBareck, président nouvellement élu de SOS Esclaves, suite au décès du président fondateur de l’organisation, Boubacar Ould Messaoud, avait pris la parole pour saluer la mémoire de ce dernier, assurant que lui et les nouvelles instances élues poursuivront l’héritage que ce grand défenseur des droits de l’homme et de l’esclavage a laissé à la postérité. Il a renouvelé l’engagement de SOS Esclaves à poursuivre la défense des franges les plus faibles de la société et en premier lieu les enfants. Selon lui, la situation de l’enfance en Mauritanie, comme partout ailleurs, a besoin d’un sursaut national, eu égard à la recrudescence des violences que les enfants subissent, citant leur faible accès à l’état-civil, leur déscolarisation massive, l’exploitation au travail qu’ils subissent, et la faiblesse des services de protection qui leur sont destinés.

Le Coordinateur Programme Pays et représentant de FTS en Mauritanie, Dame Bâ, s’est également exprimé, soulignant que cette organisation américaine présente sur quatre continents (Amérique, Europe, Afrique et Asie) totalise cinq années de présence en Mauritanie, où elle a eu à accompagner la société civile dans le renforcement de capacité de ses acteurs dans le domaine des droits de l’homme, notamment l’esclavage et les pratiques assimilées. Cet atelier a pour objet selon lui d’accompagner la société civile à comprendre les textes nationaux et internationaux relatifs au travail des enfants.

Il a salué la présence des premiers responsables concernés par la problématique, en l’occurrence le représentant du Ministère de la Fonction Publique et du Travail, le représentant du Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire aux relations avec la société civile, la représentante de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants, le représentant du Bureau du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme. Il a salué également au passage, son partenaire SOS Esclaves, mais aussi la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), Aminetou Mint Mokhtar, figure emblématique de la lutte pour les droits de l’homme.

D’ailleurs, au cours de son intervention, cette dernière a tenu à rendre hommage à son compagnon de lutte, le défunt Boubacar Ould Messaoud, à côté duquel elle a cheminé durant ses trente dernières années, partageant ensemble les honneurs à l’international et le rude combat pour les droits humains en Mauritanie, avec ses défis et ses obstacles.

A la fin des discours, les participants ont suivi l’exposé présenté par l’expert, après un pré-test pour évaluer leur connaissance par rapport à la thématique.

S’en est suivi un cours magistral sur les concepts, le contexte national, les lois, mécanismes et institutions nationaux encadrant le travail des enfants, comme le Code du Travail, l’ordonnance de 2005 portant protection pénale de l’enfant, le Conseil national de l’Enfance créé en 2017, ainsi que les conventions internationales ratifiées par la Mauritanie, comme la convention 182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants, la convention 138 sur l’âge minimum au travail, la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) ratifié en 1991, etc.

La formation a été interactive, avec des travaux de groupe sur des sujets pratiques. Les participants devaient à la fin de l’atelier formuler un plan d’action avec des activités concrètes, réalisables et ciblées.

Cheikh Aidara