Le siège de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), sis à la Cité Plage de Nouakchott, a abrité lundi 18 mai 2026, une vaste cérémonie d’adhésion au mouvement et à son aile politique, le part RAG en gestation.
En introduction de ce rassemblement, le député et président du mouvement IRA, Birame Dah Abeid, a tenu à souligner que depuis sa création en 2008 à nos jours, IRA a enregistré des dizaines et des dizaines de défection, mais que chaque défection a toujours été suivie par des dizaines d’adhésions. La seule différence est que chaque défection est aussitôt surmédiatisée, selon lui, et que chaque adhésion est passée sous silence.
En ce jour solennel, marqué par deux récentes défections, celle d’une députée du mouvement et celle de l’ancien coordinateur du mouvement à Nouadhibou, IRA affirme avoir enregistré journalièrement des adhésions sans que cela n’ait été chantée sur les toits. Sauf qu’aujourd’hui, les adhésions sont de taille.
Avant de donner la parole aux nouveaux membres qui viennent de se joindre à la croisade menée contre le pouvoir, Birame a tenu à rendre un vibrant hommage aux militants d’IRA qui ont enduré selon lui des épreuves plus épouvantables sous des régimes prétendument démocratiques que celles subies par les opposants sous les régimes d’exception, le pouvoir du parti unique sous Daddah et les régimes militaires sous Haidalla et Maaouiya.
Selon lui, la confrontation menée sous le régime de Ghazouani a permis de montrer ce régime sous son vrai visage aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale.
Sous Aziz, se rappelle-t-il, la confrontation avec le mouvement IRA s’était traduite par 17 procès intentés contre ses militants, dont des dizaines de condamnation, allant jusqu’à 15 ans de réclusion et même jusqu’à la menace de peine de mort contre sa personne.
Enfin, Birame a rapporté un message envoyé par les détenues d’IRA actuellement en prison, dont le Coordinateur national El Id El Hadj, le responsable des droits de l’homme Abdallahi Abou Diop, plus d’autres responsables de section, des femmes lanceurs d’alerte, mais aussi Warda Souleymane de la cellule communication et les députés Ghamou Achour et Marième Cheikh Dieng ainsi que son bébé, le petit Birame, le plus jeune détenu au monde.
Le message de ces prisonniers est qu’ils sont prêts à rester encore des années en prison jusqu’à la chute physique du régime actuel après sa chute morale. Les détenues ont tenu à remercier tous ceux qui les ont soutenus et qui continuent à les soutenir jusque dans les rangs de la majorité présentielle dont des voix se sont élevés pour dénoncer les injustices qu’ils subissent.
Les adhésions ont concerné un ancien sous-officier de la gendarmerie nationale, ancien du GIGN, Salem Ould Mohamed Sidi Yaaraf. Après avoir été emprisonné, torturé puis limogé dans les années 90 pour avoir désobéi ainsi que plusieurs autres gendarmes aux ordres de voter pour le candidat au pouvoir, après plusieurs exils, des problèmes de santé, il avait regagné le pouvoir à l’époque des grandes réformes initiées en 2005 par Ely Mohamed Vall et son équipe. Depuis vingt ans de copinage au sein de la majorité présidentielle, il déclare avoir pris conscience de la décrépitude avancée dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays. Pour lui, Birame Dah Abeid reste aujourd’hui le seul espoir pour des milliers de Mauritaniens, toutes tendances confondues.
Plusieurs autres adhésions ont été proclamées, celle d’un ancien cadre conseiller à la Banque Centrale à la retraite, Mohamed Hafedh Mohamed Tidjane, un groupe de jeunes, conduit par Cheikh Mohamed Lemine, un chômeur titulaire d’un Master.
La fin de la rencontre a été marquée par des questions diverses, souvent personnelles adressées au président Birame Dah Abeid.
Cheikh Aïdara

